Les guides E-TIPI LEARNING · N° 08
Social learning : apprendre avec et grâce aux autres, en entreprise
Une bonne part de ce qu'on apprend au travail vient d'un collègue qui a déjà eu le problème. Le social learning donne une place à ces échanges, au lieu de les laisser au hasard de la machine à café.
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Un technicien bloque sur une panne. Il n’ouvre pas le catalogue de formation : il appelle le collègue qui l’a déjà réparée. Une conseillère reçoit une question nouvelle d’un client. Elle demande à sa voisine.
C’est du social learning. Il existe dans toutes les entreprises. La question est de savoir s’il reste au hasard des couloirs ou si on lui donne une place.
Qu’est-ce que le social learning ?
Le social learning, ou apprentissage social, désigne tout ce qu’on apprend par les autres : en les observant, en leur posant des questions, en échangeant des pratiques, en recevant un retour.
L’idée vient du psychologue Albert Bandura (Social Learning Theory, 1977), qui a montré qu’on apprend beaucoup en observant les autres et les conséquences de leurs actes. En entreprise, le terme désigne aujourd’hui les dispositifs qui organisent ces échanges : communautés, mentorat, partage entre pairs.
Le social learning ne remplace pas la formation formelle. Il la prolonge sur le terrain, là où les vraies questions arrivent.
La règle du 70-20-10
Le repère le plus cité dit qu’on apprend environ :
- 70 % en faisant son travail, en résolvant des problèmes ;
- 20 % avec les autres : collègues, manager, mentor ;
- 10 % en formation formelle.
Ces chiffres viennent d’enquêtes du Center for Creative Leadership auprès de dirigeants, dans les années 1980 (McCall, Lombardo et Morrison, The Lessons of Experience, 1988), reprises en 70-20-10 par Lombardo et Eichinger en 1996. Ce ne sont pas des mesures exactes, et les proportions changent selon les métiers. Mais le message reste juste : la formation formelle n’est qu’une partie de l’apprentissage, et les échanges entre personnes en sont une autre, importante.
6 formats de social learning en entreprise
| Format | Comment ça marche | Bon pour |
|---|---|---|
| Communauté par thème | Un espace en ligne où l’on pose des questions et partage des pratiques | Les métiers répartis sur plusieurs sites |
| Questions aux experts | Un expert interne répond, ses réponses restent consultables | Les savoirs rares, techniques ou réglementaires |
| Mentorat | Un collègue expérimenté accompagne un plus jeune sur la durée | La prise de poste, la transmission avant un départ |
| Apprentissage entre pairs | Des collègues du même niveau travaillent un cas ensemble | Les managers, les commerciaux |
| Retour d’expérience | Après un projet ou un incident, l’équipe partage ce qu’elle a appris | La sécurité, la qualité, les projets |
| Recommandation | Un collègue conseille une formation ou un contenu | Faire découvrir le catalogue |
Les bénéfices du social learning
- Les savoirs circulent. Ce que sait un expert ne part pas avec lui.
- Les réponses arrivent au bon moment. Quand la question se pose, pas trois mois plus tard en session.
- Les experts sont reconnus. Être sollicité pour ce qu’on sait est une forme de reconnaissance.
- Les équipes se connaissent. Entre sites, entre métiers, des liens se créent.
Pourquoi ça ne prend pas toujours
Beaucoup de communautés s’éteignent en quelques semaines. Les raisons sont toujours les mêmes :
- personne ne l’anime : sans animateur, les premières questions restent sans réponse et plus personne ne revient ;
- le sujet est trop large : « la formation » ne rassemble personne, « les habilitations électriques » oui ;
- les experts n’ont pas le temps : il faut le leur donner, et le reconnaître ;
- l’outil est à part : une plateforme de plus, qu’il faut penser à ouvrir.
Comment mettre en place le social learning en 5 étapes
- Partir d’un besoin réel. Un métier où les questions reviennent, une équipe qui se forme à un nouvel outil.
- Nommer un animateur et deux ou trois experts. Avec du temps reconnu pour le faire.
- Lancer avec du contenu. Les dix questions les plus fréquentes et leurs réponses, dès le premier jour.
- Relier à la formation. Chaque module renvoie vers la communauté pour les questions qui suivent.
- Mettre en avant les bonnes réponses. Les remercier, les épingler, les reprendre dans les formations.
Le knowledge management prolonge cette démarche : il range ce que les communautés produisent pour qu’on le retrouve.
Le social learning dans un LMS
Le plus simple pour qu’une communauté vive, c’est qu’elle soit là où l’on se forme déjà. Dans la plateforme LMS E-TIPI LEARNING, la LXP ouvre un espace par thème ou par programme : publications, commentaires, pièces jointes partagées. Les experts internes y répondent, et chacun peut recommander une formation à un collègue.
Vous décidez d’activer ou non les communautés, et vous pouvez retirer une publication ou exclure un membre si besoin. La gamification, si vous l’activez, peut récompenser les contributions utiles.
Pour les managers, E-TIPI LEADERS donne la parole à vos experts internes devant eux, sur leur campus.
